Trump quitte l’hôpital même s’il n’est pas complètement rétabli

(Washington) Encore considéré contagieux et sous haute surveillance, Donald Trump a quitté lundi soir l’hôpital où il était soigné pour son infection au coronavirus.

Agence France Presse

Peu avant, il avait annoncé qu’il comptait « bientôt » reprendre sa campagne pour un second mandat à la Maison-Blanche.

Masque sur le visage, cravate rayée, le président américain a franchi les portes dorées de l’hôpital militaire Walter Reed de Bethesda, dans la banlieue de Washington, a descendu quelques marches et a levé le pouce avant de monter dans un véhicule noir puis dans l’hélicoptère devant l’emmener à la Maison-Blanche.

« Je quitterai le formidable Centre médical Walter Reed aujourd’hui à 18 h 30 », avait tweeté le président des États-Unis. « Me sens vraiment bien », « mieux qu’il y a 20 ans ! », a-t-il insisté.


« Même s’il n’est peut-être pas encore complètement tiré d’affaire, l’équipe et moi-même sommes d’accord sur le fait que tous nos examens et surtout son état de santé clinique permettent un retour en toute sécurité chez lui, où il bénéficiera de soins médicaux de classe mondiale 24 heures sur 24 », a par la suite déclaré à la presse son médecin Sean Conley.

Il a précisé que l’équipe médicale, « prudemment optimiste », ne serait pas totalement soulagée avant une semaine, si la santé du patient ne s’aggrave pas à nouveau d’ici là.

Impatient de donner au moins l’image d’un candidat mobilisé par sa campagne à 29 jours de l’élection présidentielle face au démocrate Joe Biden, le milliardaire républicain aura donc été hospitalisé pendant trois jours depuis son admission vendredi soir, moins de 24 heures après avoir été testé positif à la COVID-19.

« Bons médicaments »

Il a tenté lundi de se présenter comme revigoré par cette épreuve, et de défendre une fois de plus sa gestion de la pandémie, critiquée de toutes parts.

« N’ayez pas peur de la COVID-19. Ne la laissez pas dominer votre vie », a-t-il martelé, alors que la maladie a fait 210 000 morts aux États-Unis. « Nous avons développé, sous l’administration Trump, de bons médicaments et de bonnes connaissances. »

De nombreux experts s’interrogeaient ces dernières heures sur une sortie hâtive de l’hôpital. Mais il ne s’agit nullement d’un retour à la normale : Donald Trump restera pour l’heure confiné à la présidence pour y être soigné.

Il va donc encore être privé de déplacements dans les États-clés pour tenter de refaire son retard dans les sondages face au démocrate Joe Biden.

Pour combien de temps ? Le Dr Conley a expliqué qu’il fallait d’abord que le président-candidat ne soit plus contagieux — laissant entendre qu’il l’était encore. Il a évoqué un délai moyen de dix jours, mais sans préciser exactement à partir de quand.

Or la Maison-Blanche ressemble de plus en plus à un foyer virulent du coronavirus.

Après le président, sa femme Melania, sa proche conseillère Hope Hicks et plusieurs autres membres de son équipe, c’est Kayleigh McEnany, la porte-parole de Donald Trump, qui a annoncé lundi avoir été testée positive à la COVID-19.

Cette annonce, après trois jours de communication cacophonique sur l’état de santé du président de la première puissance mondiale, renforce encore un peu plus l’image d’un exécutif n’ayant pas pris la pleine mesure de l’épidémie.

Réelle inquiétude

Depuis vendredi, l’absence de transparence, voire une réelle inquiétude au plus fort de la maladie, a dominé la communication du gouvernement américain.

Le médecin présidentiel a fini par admettre dimanche que l’état initial de son patient avait été plus grave que ce qui avait été officiellement déclaré dans un premier temps.

Faisant volte-face par rapport à son point presse de samedi, le Dr Conley a alors confirmé que Donald Trump avait bien eu besoin d’une mise sous oxygène vendredi, pendant environ une heure, à la Maison-Blanche, un épisode jugé suffisamment inquiétant pour décider de l’hospitaliser le soir même.

Le médecin a aussi annoncé un autre épisode de baisse de la saturation en oxygène survenu samedi matin. Et samedi également, les médecins lui ont administré un troisième traitement, la dexaméthasone, un corticoïde efficace contre les formes graves de la COVID-19, en plus de l’antiviral remdesivir et du cocktail expérimental de la société Regeneron, qu’il a reçus dès vendredi.

Lundi, le docteur a d’ailleurs reconnu que certains de ces traitements relevaient de l’expérimentation à un stade aussi précoce de la maladie.

Avalanche de tweets

Donald Trump, sa famille et son entourage tentent désormais de dépeindre un président « combattant » prêt à vaincre la maladie et remonter sur le ring.

Dès dimanche, avec sa brève sortie pour saluer depuis sa voiture ses partisans devant l’hôpital, l’ex-magnat de l’immobilier avait manifesté son impatience de reprendre sa campagne.

Car en face, Joe Biden, 77 ans, qui a maintenu, voire accru, son avance dans les intentions de vote après le débat confus de la semaine dernière face à Donald Trump, continue, lui, sa campagne à son rythme. Il s’est rendu lundi en Floride, l’un des États-clés que le président sortant doit à tout prix remporter à nouveau, comme en 2016, pour conserver un espoir de victoire au niveau national.

Lundi, à défaut de déplacement sur le terrain, le milliardaire républicain a lui renoué avec un rythme très soutenu sur Twitter, après avoir été en retrait depuis son test positif au coronavirus.

Avant même le lever du soleil sur la capitale fédérale des États-Unis, le président-candidat s’est lancé dans une longue série de courts tweets, majuscules et points d’exclamation à l’appui, appelant ses sympathisants à voter.

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