[NICE] Trois morts dans une attaque au couteau dans une église

(Nice) A quelques jours de la fête catholique de la Toussaint, trois personnes ont été tuées, une au moins égorgée, jeudi à Nice, dans le sud-est de la France, lors d’une attaque au couteau dans une église traitée comme un acte terroriste, dont l’auteur a été interpellé, selon des sources policières.

Associated Press

Deux personnes, un homme et une femme, ont été tuées dans l’église Notre-Dame et une troisième, grièvement blessée, est décédée dans un bar proche où elle s’était réfugiée, a précisé à l’AFP la même source. Selon des témoignages à la chaîne télévisée française BFMTV, cette personne a dit avant de succomber : « dites à mes enfants que je les aime ».

Le parquet national antiterroriste (Pnat) s’est saisi de l’enquête pour cette attaque que le maire de Nice, Christian Estrosi, a attribuée à l’« islamo-fascisme » qu’il a appelé à « anéantir ». 

L’agresseur a été blessé lors de l’intervention de la police et transporté à l’hôpital, selon une source policière. Il a crié « Allah Akbar » (« Dieu est le plus grand », en arabe) en accomplissant son geste et a dit s’appeler « Brahim » et être âgé de « 25 ans », selon une source proche de l’enquête. 

Selon le maire de Nice, « une femme a été agressée avec le même mode opératoire que Samuel Paty », ce professeur d’histoire-géographie décapité le 16 octobre en région parisienne par un islamiste russe tchétchène qui a été abattu par la police. 

M. Estrosi a aussi mentionné « le sacristain » de l’église parmi les personnes décédées. Après cet « assassinat dans une école, c’est dans une église que la barbarie islamofasciste a choisi de frapper, c’est tout un symbole », a ajouté M. Estrosi.

L’attaque survient presque deux semaines jour pour jour après l’assassinat de Samuel Paty, pris pour cible parce qu’il avait montré en classe des caricatures du prophète Mahomet dans un cours sur la liberté d’expression.  

Des appels au boycottage et des manifestations anti-françaises se sont multipliés depuis que le président Emmanuel Macron a dit lors d’un hommage la semaine passée à ce professeur ne pas vouloir renoncer au droit de publier ces caricatures que certains musulmans jugent offensantes. 

Un Saoudien a été arrêté jeudi après avoir attaqué un garde du consulat français à Jeddah, dont « les jours ne sont pas en danger ». 

La conférence des évêques de France a qualifié l’attaque de Nice d’acte « innommable », en souhaitant que « les chrétiens ne deviennent pas une cible à abattre ». Le glas sonnera dans les églises de France à 15 h (10 h HE), en hommage aux victimes de l’attaque. 

« Je condamne avec force l’attentat terroriste qui s’est produit près de la basilique Notre-Dame de Nice », a affirmé dans un communiqué le CFCM, principal interlocuteur du gouvernement français dans la communauté musulmane, en appelant les « musulmans de France, en signe de deuil et de solidarité à annuler toutes les festivités de la fête du Mawlid (naissance de Mahomet, NDLR) ». 

Le président Emmanuel Macron s’est rendu à la cellule de crise mise en place au ministère de l’Intérieur et devait partir rapidement pour Nice. Le premier ministre Jean Castex a quitté précipitamment le parlement où il donnait des précisions sur le reconfinement du pays décidé la veille au soir. 

Les faits se sont déroulés vers 9 h (8 h GMT) à l’église Notre-Dame, en plein cœur de Nice, a-t-on ajouté de source policière. 

« Courez courez » 

De nombreux habitants étaient venus boucler rapidement des achats avant le début du confinement dans cette zone très commerçante, ont-ils expliqué à l’AFP. 

« Une dame est venue directement de l’église et nous a dit “courez courez, il a quelqu’un qui a planté, il va y avoir des coups de feu, il y a des morts” », a témoigné le serveur d’une brasserie proche de l’église, Daniel Conilh. 

De nombreux policiers et pompiers ont été dépêchés sur place, selon un correspondant de l’AFP.  

Il a pu voir les pompiers emporter une personne sur un brancard dans une ambulance. La circulation du tramway a été arrêtée dans cette zone très fréquentée. 

 « C’était la panique, les clients sont partis sans payer ils avaient peur, moi je suis resté, c’est mon job de gérer l’établissement. J’ai vu ce mouvement de foule, j’ai dit s’il vous plaît restez calme », a expliqué le serveur. 

Nice avait été endeuillée en 2016 par un attentat qui avait fait 86 morts sur la Promenade des Anglais le 14 juillet, en pleine fête nationale. 

L’Union européenne a affiché sa « solidarité » avec la France, appelant à l’union « contre ceux qui répandent la haine ». Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a dénoncé « une vile attaque », appelant aussi à « un front commun en défense des valeurs de liberté et de paix ».


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