Les préoccupations croissantes des PME liées à la logistique pourraient entraîner d’ici peu une hausse des prix

Les retards et les perturbations des chaînes d’approvisionnement se font ressentir de plus en plus sur les activités des PME et vont sûrement entraîner une hausse des prix, avertit la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) dans un nouveau rapport intitulé COVID-19 : quel impact sur la logistique des PME?.

« C’est au niveau des chaînes d’approvisionnement et de la logistique que les PME ont ressenti récemment l’un des impacts les plus lourds de la pandémie. En fait, il suffit d’un seul maillon faible pour perturber toute la chaîne, par exemple, si une usine de production de matériaux indispensables subit des retards à cause des restrictions qui ralentissent le processus, explique Simon Gaudreault, directeur principal de la recherche nationale à la FCEI. Maintenant que nous sommes sur la voie de la reprise économique et, surtout, que les aides gouvernementales sont réduites progressivement, il faut être conscient du fait que ces perturbations sont un véritable fardeau et qu’elles ralentissent quantité d’entreprises touchées par la crise qui essaient de poursuivre leurs activités normalement. » 

Depuis un an, les propriétaires de PME s’inquiètent de plus en plus des problèmes logistiques concernant, par exemple, la livraison ou l’expédition de produits ou la gestion des stocks. En mai 2021, ils étaient 41 % à se préoccuper des défis logistiques, soit une hausse par rapport à avril 2020 (29 %). La FCEI a approfondi la question en avril en menant un sondage auprès de ses 95 000 membres qui a révélé que plus de la moitié (55 %) des chefs de PME avaient subi des retards au cours des 30 jours précédant le sondage, la majorité d’entre eux (90 %) déplorant des retards de leurs fournisseurs. Les PME des secteurs du commerce de gros, de la construction, de la fabrication, du commerce de détail et de l’agriculture ont été le plus durement touchées par les retards.

Les défis logistiques pourraient alourdir les coûts des consommateurs
Les pénuries et la rareté de certains biens, ainsi que les retards, ont entraîné une hausse de leurs prix. Les matières premières et les métaux sont particulièrement touchés, notamment le bois d’œuvre et le fer. De nombreux chefs de PME se retrouvent ainsi devant un dilemme, à savoir s’ils vont devoir augmenter le prix de leurs produits et services afin de compenser les coûts supplémentaires.

« Les propriétaires de PME indiquent qu’ils augmenteront leurs prix de 3,3 % en moyenne au cours des douze prochains mois, ce qui constitue la plus importante hausse depuis 2009, précise M. Gaudreault. C’est inquiétant parce que cela va nuire encore plus à la capacité des PME à rebondir et à faire des ventes, sachant déjà que bon nombre d’entre elles sont dans une position précaire à cause des dettes qu’elles ont accumulées durant la pandémie. »

La FCEI estime que le fait d’offrir des tests de dépistage rapide dans les entreprises du secteur de la fabrication et dans les entrepôts pourrait permettre d’augmenter la production. Les gouvernements peuvent également contribuer à compenser certains défis logistiques ainsi que les hausses de prix auxquels les chefs de PME seront confrontés en faisant en sorte que les taxes et d’autres coûts restent bas et en réduisant la paperasserie (par exemple, les obstacles au commerce intérieur). Tous ces efforts devraient, en fin de compte, faire baisser les prix à la consommation.  

« Ce nouveau défi lié à la pandémie montre que de nombreuses PME canadiennes sont toujours dans une zone de turbulence. Le risque d’inflation aura de graves répercussions sur la reprise économique du Canada si on ne maîtrise pas ces problèmes logistiques. Les gouvernements doivent montrer plus que jamais qu’ils continuent de se battre pour les PME en prenant des mesures rapides et créatives afin d’alléger le fardeau que la COVID-19 leur impose toujours aujourd’hui », conclut M. Gaudreault.

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