Le prix de l’essence atteint 2 $ le litre, sur fond de guerre en Ukraine

La Presse Canadienne 

Le prix de l’essence a franchi vendredi le cap des 2 $ le litre en Colombie-Britannique, alors que les Canadiens continuent de voir les chiffres grimper à la pompe cette semaine.

Le litre d’essence s’est vendu vendredi, à travers le pays, au prix moyen de 1,76 $, comparativement à 1,62 $ deux jours plus tôt, selon Ressources naturelles Canada. Ce prix a grimpé à 2,00 $ à Vancouver, à 1,75 $ à Toronto, à 1,84 $ à Montréal et à 1,67 $ à Halifax.

“Ça a été un choc. Le prix de plusieurs choses a grimpé, mais ça, c’est gros”, a affirmé Esther Peralta, alors qu’elle faisait le plein dans une station-service de l’est de Vancouver, où le panneau annonçait un prix de 1,99 $ le litre.

“Ça commence à être très cher”

Dan McTeague, président du groupe Canadians for Affordable Energy, a estimé que le prix moyen de l’essence à travers le pays devrait augmenter de 26 ¢ en une semaine pour atteindre près de 1,85 $ le litre d’ici dimanche. Ce pic sans précédent survient alors que plusieurs Canadiens se préparaient à se déplacer pour la semaine de relâche printanière.

« Cela signifie que des vacances seront reportées. Plus important encore, à mesure que les prix du carburant cascadent ou se frayent un chemin dans l’économie, cela augmentera probablement considérablement le prix de tout le reste. »

-Dan McTeague, président du groupe Canadians for Affordable Energy

L’effet pourrait se faire ressentir sur la croissance économique et faire grimper encore davantage l’inflation, qui a atteint 5,1 % en janvier, son plus haut niveau depuis 1991.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a poussé les prix du pétrole à des niveaux jamais vus depuis huit ans. Les compagnies pétrolières évitent le brut russe, et les sanctions contre la Russie excluent certaines banques russes d’un système de paiement mondial, ce qui perturbe gravement ses exportations.

La Russie produit 10 % de l’approvisionnement mondial en pétrole. C’est le troisième producteur mondial, après les États-Unis et l’Arabie saoudite.

Patrick de Haan, responsable de l’analyse pétrolière pour GasBuddy.com, affirme que les fortes hausses de prix se poursuivront probablement au Canada et aux États-Unis.

“Au Canada, les prix ont déjà atteint des sommets sans précédent. Une grande partie du Canada continuera de voir les prix augmenter encore de 5 à 15 ¢ le litre au cours des une à deux prochaines semaines. Donc, le choc est réparti également, peu importe où vous vous trouvez aux États-Unis ou au Canada”, a-t-il expliqué aux journalistes lors d’une conférence télédiffusée.

Merci 

Les sanctions contre les industries bancaire et maritime russes “étouffent” les exportations de pétrole russe, qui ont chuté, a-t-il observé.

Un sommet depuis 2008

Le prix de référence du West Texas Intermediate a terminé la séance de vendredi à plus de 115 $ US le baril, un sommet qu’il n’avait pas atteint depuis 2008. La ressource naturelle était en voie d’afficher sa plus importante croissance hebdomadaire depuis mai 2020, alors que des médias rapportaient que les États-Unis envisagent de bannir les exportations russes de brut.

Werner Antweiler, professeur à la Sauder School of Business de l’Université de la Colombie-Britannique, a souligné l’effet d’entraînement de la flambée des prix de l’essence et du diesel, alors même que survient le double coup porté par la forte inflation et les hausses des taux d’intérêt.

« Cela devient de plus en plus cher pour les trains, les avions, les bateaux […] et ces coûts se répercutent sur les consommateurs. Les denrées alimentaires qui sont transportées sur de longues distances, toutes ces marchandises importées ont tendance à être plus chères. » -Werner Antweiler, professeur à la Sauder School of Business

À long terme, M. Antweiler suggère aux consommateurs canadiens de reconsidérer certains aspects de leur mode de vie et la façon dont ils dépensent leur argent.

“Cela signifie conduire des voitures plus économes en carburant et réduire les déplacements discrétionnaires.”

L’invasion de la Russie, qui a débuté le 24 février, a vu des forces entrer en Ukraine de trois côtés, convergeant vers de grandes villes et bombardant, tôt vendredi matin, une importante centrale nucléaire.

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