Coronavirus : l’université d’Oxford estime pouvoir rendre disponible un vaccin dès septembre

Des scientifiques de l’université d’Oxford placent un grand espoir dans un vaccin contre le Covid-19. Ils estiment pouvoir le rendre disponible pour le public cet automne et devraient le tester sur plus de 6 000 individus d’ici la fin du mois de mai. Explications.

Alors que l’épidémie de Covid-19 touche de plein fouet la quasi-totalité du globe, les chercheurs du monde entier s’affairent et se démènent depuis des semaines pour mettre au point un vaccin ou un traitement pour soigner cette maladie. Et dans la course pour trouver un vaccin, l’université d’Oxford semble avoir pris une longueur d’avance. En effet, les premiers essais cliniques du vaccin du Centre de Vaccination d’Oxford, menés par l’Institut Jenner et le Groupe de Vaccination d’Oxford, sont d’ores et déjà en cours.

Coronavirus : s’il est efficace, le vaccin pourrait être disponible cet automne

L’équipe a commencé à travailler sur le développement d’un vaccin le 20 janvier dernier. Si les tests réalisés actuellement sont concluants, ils espèrent pouvoir déployer le vaccin dès l’automne prochain. « Le but est d’avoir au moins un million de doses disponibles en septembre, lorsque nous aurons les résultats des essais », a précisé à l’agence de presse Reuters Adrian Hill, co-directeur de la recherche, le 17 avril dernier.

« Le meilleur scénario est que d’ici l’automne 2020, nous pourrions obtenir un résultat d’efficacité de l’essai de phase III pour montrer que le vaccin protège contre le virus, en plus de la capacité à fabriquer de grandes quantités de vaccin, mais ces délais sont très ambitieux et sujets à changement », a détaillé Sarah Gilbert, professeur de vaccinologie à l’université d’Oxford qui développe le vaccin, lors l’émission The Andrew Marr Show sur BBC le 19 avril.

« Notre capacité à déterminer l’efficacité du vaccin sera affectée par le degré de transmission du virus dans la population locale au cours de l’été, et nous commençons également à envisager de lancer des essais avec des partenaires dans d’autres pays afin d’accroître notre capacité à déterminer l’efficacité du vaccin », a-t-elle poursuivi.

Le site de l’université d’Oxford dédié au vaccin indique que si le vaccin s’avère efficace contrele coronavirus, il pourrait constituer une stratégie de sortie de la pandémie et sauver des vies. « Nous ne pouvons jamais être certains que ces choses vont fonctionner, a déclaré à l’agence de presse Reuters le professeur Sarah Gilbert. Je pense que celui-ci a de très bonnes chances de fonctionner. »

Vaccin contre le coronavirus : la première phase d’essais cliniques est en cours

Les autres équipes de recherche ont dû commencer par de petits essais cliniques sur quelques centaines de participants pour démontrer que le vaccin est sans danger et ne provoque aucun effet néfaste. Mais, les chercheurs britanniques de l’Institut Jenner de l’université ont eu un avantage. Ils ont prouvé lors d’essais antérieurs, dont une réalisée l’année dernière contre un coronavirusprécédent, que des inoculations semblables étaient inoffensives pour l’être humain. L’équipe a donc pu programmer des tests de leur vaccin sur plus de 6 000 personnes d’ici la fin du mois de mai et travaille à la première phase d’essais cliniques.

Jusqu’à 1 102 participants seront recrutés sur plusieurs sites d’étude à Oxford, Southampton, Londres et Bristol. Ces participants seront répartis au hasard pour recevoir soit le vaccin (ChAdOx1 nCoV-19), soit un vaccin homologué (MenACWY) qui servira de « témoin » pour la comparaison. Au début de l’essai, nous recruterons également un petit groupe distinct de 10 volontaires qui recevront deux doses du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 à quatre semaines d’intervalle », précise le site de l’université d’Oxford consacré au vaccin.

Quel est le vaccin testé pour soigner le coronavirus ?

Le sérum mis au point par l’équipe de scientifiques est « le ChAdOx1 nCoV-19 ». Il est fabriqué à partir d’un virus (ChAdOx1). C’est une version affaiblie d’un virus du rhume, appelé adénovirus, qui provoque des infections chez les chimpanzés. Ce virus a été génétiquement modifié de sorte qu’il est impossible qu’il se développe chez l’homme.

Ce vecteur de vaccin adénovirus de chimpanzé (ChAdOx1) « a été choisi comme la technologie la plus appropriée pour un vaccin contre le SRAS-CoV-2 car il peut générer une forte réponse immunitaire à partir d’une dose et il ne s’agit pas d’un virus qui se réplique, donc il ne peut pas causer une infection continue chez l’individu vacciné. Il est donc plus sûr de l’administrer aux enfants, aux personnes âgées et à toute personne souffrant d’une maladie préexistante comme le diabète« , souligne le site de l’université d’Oxford dédié au vaccin.

La protéine Spike glycoprotein, qui se trouve généralement à la surface du SARS-CoV-2 et joue un rôle essentiel dans la voie d’infection du virus Covid-19, a également été ajouté au sérum. « En vaccinant avec le ChAdOx1 nCoV-19, nous espérons faire en sorte que le corps reconnaisse et développe une réponse immunitaire à la protéine Spike qui aidera à empêcher le virus du SRAS-CoV-2 de pénétrer dans les cellules humaines et donc de prévenir l’infection », indique le site.

« Cette étude vise à évaluer si les personnes en bonne santé peuvent être protégées contre la Covid-19 avec ce nouveau vaccin appelé ChAdOx1 nCoV-19. Elle fournira également des informations précieuses sur les aspects de sécurité du vaccin et sa capacité à générer de bonnes réponses immunitaires contre le virus », détaille le site.

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