Les États-Unis rendent hommage aux 3000 morts 


Agence France Presse

(New York) Les États-Unis ont commencé à se recueillir samedi pour les 20 ans du 11-Septembre au cours de cérémonies d’hommage aux quelque 3000 morts des attentats d’Al-Qaïda, dans une ambiance alourdie par le retrait américain chaotique d’Afghanistan.

Une cérémonie solennelle a débuté vers 8 h 40 au mémorial de Manhattan, à New York, là où se dressaient jusqu’au funeste matin du mardi 11 septembre 2001 les tours jumelles du World Trade Center détruites par les attaques djihadistes les plus meurtrières de l’Histoire.

En présence du président américain Joe Biden, aux côtés de ses prédécesseurs Barack Obama et Bill Clinton, une première minute de silence a été observée à 8 h 46, précisément 20 ans après que le premier avion piraté par le commando d’al-Qaïda a percuté la tour Nord.

La lecture, jusqu’à 12 h 30 des noms des 2977 personnes tuées ce jour-là sur les trois sites des attentats (dont 2753 à New York) a ensuite débuté, sous des airs de flute. Elle sera rythmée toute la matinée par des hommages en musique, dont une chanson à la guitare sèche de la vedette américaine Bruce Springsteen. D’autres minutes de silence suivront : pour l’effondrement des tours de New York, l’attaque contre le Pentagone près de Washington et l’écrasement d’un des avions à Shanksville (Pennsylvanie).

Sur Times Square, au cœur de Manhattan, le poumon économique de la première puissance mondiale où sont traditionnellement fêtées les victoires des États-Unis, un rassemblement et des moments de recueillement sont également prévus.

Pearl Harbor

Chaque Américain, victime ou témoin du 11-Septembre, se prépare aussi à rendre hommage à un proche disparu. Frank Siller est allé plus loin.  

Ce frère d’un pompier de Brooklyn mort au WTC a « marché 537 miles (864 km entre Washington et New York) du Pentagone à Shanksville jusqu’à “ Ground Zero ” » et récolte des fonds pour soutenir des familles de victimes.  

« Les États-Unis n’ont jamais oublié Pearl Harbor, ils n’oublieront jamais le 11-Septembre », affirme M. Siller à l’AFP.  

De fait, relèvent des chercheurs, le cataclysme du 11-Septembre a bouleversé la société et la politique américaines et est devenu en une génération un chapitre d’histoire inscrit dans la mémoire du pays. Comme Pearl Harbor, le Débarquement ou l’assassinat de Kennedy.  

Cette commémoration si particulière du 11-Septembre, Joe Biden, 78 ans, l’a sans nul doute maintes fois préparée depuis sa victoire en novembre contre Donald Trump qu’il a accusé d’avoir affaibli et fracturé les États-Unis. 

Dans un message vidéo diffusé vendredi soir, le président démocrate a justement appelé à « l’unité, notre plus grande force ». https://platform.twitter.com/embed/Tweet.html?dnt=false&embedId=twitter-widget-0&features=eyJ0ZndfZXhwZXJpbWVudHNfY29va2llX2V4cGlyYXRpb24iOnsiYnVja2V0IjoxMjA5NjAwLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfSwidGZ3X2hvcml6b25fdHdlZXRfZW1iZWRfOTU1NSI6eyJidWNrZXQiOiJodGUiLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfSwidGZ3X3NwYWNlX2NhcmQiOnsiYnVja2V0Ijoib2ZmIiwidmVyc2lvbiI6bnVsbH19&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1436444392584253442&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.lapresse.ca%2Finternational%2Fetats-unis%2F2021-09-11%2F11-septembre%2Fles-etats-unis-rendent-hommage-aux-3000-morts.php&sessionId=e092374770c5cdeb9282fdbfe69e5418a1ea5bc9&siteScreenName=LP_LaPresse&theme=light&widgetsVersion=1890d59c%3A1627936082797&width=550px

20 years after September 11, 2001, we commemorate the 2,977 lives we lost and honor those who risked and gave their lives. As we saw in the days that followed, unity is our greatest strength. It’s what makes us who we are — and we can’t forget that. pic.twitter.com/WysK8m3LAb— President Biden (@POTUS) September 10, 2021

Mais après huit mois de mandat, il est très critiqué pour la débâcle de la fin de l’intervention militaire en Afghanistan, Washington ayant été pris de court par l’avancée fulgurante des talibans.

En 20 ans, les États-Unis ont perdu 2500 soldats et dépensé plus de 2000 milliards de dollars en Afghanistan.  

Fin août, ils ont abandonné le pays à des fondamentalistes islamistes qu’ils avaient pourtant chassés de Kaboul fin 2001 en les accusant d’abriter le chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden, finalement tué en 2011 au Pakistan. 

Génération 11-Septembre

Et l’attentat du 26 août, revendiqué par la branche afghane du groupe État islamique, qui a tué 13 jeunes militaires américains à l’aéroport de Kaboul — en pleine opération d’évacuation — a ulcéré une partie de l’opinion publique. Ces jeunes femmes et hommes en uniforme étaient pour la plupart des enfants le 11 septembre 2001. 

Leur mort rappelle que les États-Unis connaissent une césure : entre le souvenir toujours à vif pour des dizaines de millions d’adultes américains et une conscience historique plus partielle pour les jeunes nés depuis les années 1990. 

C’est « important qu’ils sachent ce qui s’est passé ce jour-là, car il y a toute une génération qui ne le comprend pas vraiment », plaide Monica Iken-Murphy, veuve d’un courtier qui travaillait dans la tour sud du WTC. 

La reine Élisabeth II a rendu hommage samedi aux victimes du 11-Septembre, ainsi qu’à « la résistance et à la détermination des communautés qui se sont unies pour reconstruire » après ces attaques.



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