«Les blocages sont inacceptables» et une menace pour l’économie, déclare Trudeau

Agence France Presse 

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a estimé mercredi que les «blocages» étaient «inacceptables» et avaient «un impact négatif sur l’économie canadienne», au 13e jour d’un mouvement de contestation des mesures sanitaires dans le pays.

«Les blocages, les manifestations illégales sont inacceptables» et ont «un impact négatif pour nos commerces, nos manufacturiers», a déploré le chef du gouvernement devant les députés alors que la capitale Ottawa et certaines voies commerciales essentielles sont paralysées depuis plusieurs jours.

«Nous devons tout faire pour y mettre un terme», a martelé M. Trudeau.

Initialement baptisé «convoi de la liberté», ce mouvement visait à protester contre la décision d’obliger les camionneurs à être vaccinés pour franchir la frontière avec les États-Unis. Depuis, il est devenu une protestation générale contre les mesures sanitaires dans leur ensemble et contre le gouvernement.

Depuis trois jours, des manifestants bloquent aussi le pont Ambassador, qui relie la ville de Windsor au Canada à Détroit aux États-Unis.

Ce pont est crucial pour l’industrie automobile, mais aussi pour les hôpitaux américains qui emploient de nombreuses infirmières canadiennes: il voit passer chaque jour quelque 40 000 personnes et pour 323 millions de dollars américains de marchandises.

«Le blocage met en danger les chaînes d’approvisionnement, l’industrie automobile, parce que ce pont est un canal-clé», a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki, précisant que l’équipe du président Biden était en «contact étroit» avec les autorités frontalières canadiennes et américaines.

«L’interruption de la circulation des biens et des services essentiels sur le pont Ambassador a déjà des conséquences énormes sur l’industrie et les travailleurs canadiens», a regretté Bill Blair, le ministre de la Protection civile, lors d’un point presse.

Mercredi, près de 5 000 travailleurs d’usines de la région ont été renvoyés chez eux en raison «des actions criminelles» des manifestants, a-t-il précisé.

Les manifestants «enfreignent la loi» a abondé son homologue de la Sécurité publique Marco Mendicino, indiquant que des usines pourraient devoir fermer dès mercredi après-midi.

«Très préoccupé» par les conséquences économiques pour la région, Drew Dilkens, le maire de Windsor, une ville de 200 000 habitants, a demandé des renforts pour mettre fin aux protestations.

À des milliers de kilomètres de là, des manifestants bloquaient de nouveau le passage frontalier de Coutts, en Alberta (ouest) ainsi que les alentours du parlement de Winnipeg au Manitoba (centre).

Laisser un commentaire