[Covid19] Des vaccins dès cet automne ou pas avant l’été 2021 ?

Agence France Presse

La mise au point de vaccins sûrs et efficaces est un point clef de la bataille contre la pandémie de Covid-19 qui a tué plus de 120 000 personnes, en n’infectant qu’une faible portion de l’humanité.  

Pourquoi les vaccins sont-ils l’enjeu central de la lutte anti-coronavirus ? Quels sont les projets en cours ? Quelles sont leurs difficultés ? À quelles échéances peut-on espérer les premières campagnes de vaccination ?  

Pourquoi les vaccins sont essentiels ? 

Épidémiologistes, virologues, experts en santé publique s’accordent à dire que seules des campagnes de vaccination massives parviendraient à stopper efficacement l’épidémie de Covid-19.  

« La mise au point et la distribution d’un vaccin sûr et efficace vont être nécessaires pour interrompre totalement la transmission », souligne le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.   

Les mesures de confinement et distanciations sociales sont coûteuses, difficiles à tenir sur la durée pour être efficaces à moyen ou long terme.  

Les traitements s’avèrent pour l’heure inefficaces à sauver des formes sévères de Covid-19 caractérisées par des pneumonies et des emballements mortels du système immunitaire.  

Une vaccination massive et réussie permettrait d’immuniser un pourcentage élevé de la population, ce qui empêcherait le virus SARS-Cov-2 de circuler et stopperait l’épidémie.  

Cela a déjà été le cas par le passé, sur une période bien plus longue, pour la variole, autre maladie virale sans traitement efficace, rayée de la carte des maladies depuis 1980 grâce aux vaccins.  

Quels projets en cours ? 

Le séquençage complet du génome du nouveau coronavirus à la mi-janvier 2020, puis la dissémination mondiale de la maladie a mis en ébullition tout ce que la planète compte en laboratoires de recherche sur les vaccins.  

Les grands noms de la pharmacie et une myriade de laboratoires de biotechnologies sont sur les rangs : plus de 100 projets de vaccins seraient actuellement en développement, selon François Balloux, chercheur à University College de Londres.   

L’Agence européenne du médicament (EMA) indique être en relation avec les responsables d’une « douzaine » de projets de vaccins dont deux sont déjà en phase d’essais cliniques.  

En France, l’Institut Pasteur mène à lui seul trois projets de « candidats vaccins » tandis que la Chine conduit de front des essais cliniques pour trois autres projets de vaccins.  

Les géants de l’industrie pharmaceutique, le français Sanofi (France) et le britannique GSK espèrent proposer ensemble un vaccin d’ici l’an prochain. Leur concurrent américain Johnson & Johnson mise sur sa propre formule vaccinale début 2021.  

Quels obstacles ? 

Première difficulté : le virus ciblé. « Jusqu’à présent, personne n’a jamais fait un vaccin efficace contre un coronavirus humain », souligne l’ex-directeur de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), le virologue Christian Bréchot.  

« Les cimetières sont pleins de candidats vaccins qui n’ont jamais marché », confie au journal britannique The Guardian Jonathan Heeney, chercheur canadien à la tête de la biotech DIOSynVax, sur les rangs pour élaborer un vaccin anti-Covid.  

Une difficulté pour mettre au point un vaccin sûr tient à une caractéristique de la maladie dans ses cas graves : la surréaction de la réponse immunitaire avec ses « orages de cytokine », production trop abondante de substances inflammatoires pouvant tuer.  

Comment stimuler avec un vaccin la réaction antivirale sans conduire à un emballement dangereux de la machinerie immunitaire ? « Dans ce phénomène, on n’a pas encore bien compris le rôle joué par les anticorps », reconnaît Frédéric Tangy, spécialiste des vaccins à l’Institut Pasteur.   

« Dans certaines conditions, les anticorps peuvent aggraver la maladie », précise-t-il à l’AFP. Cela a été observé avec certains vaccins comme celui de Sanofi contre la dengue ou un vaccin contre la rougeole dans les années 1960.  





Bilan record de plus de 2200 morts en 24h aux États-Unis

Agence France Presse

Après deux jours de baisse, les États-Unis ont enregistré mardi un sombre record avec plus de 2200 morts supplémentaires du nouveau coronavirus en 24 heures, le plus lourd bilan journalier recensé par un pays, selon le comptage de l’université Johns Hopkins.

Alors que le nombre de morts sur une journée avait baissé autour de 1500 dimanche et lundi, les États-Unis ont déploré 2228 décès entre 20h30 mardi et la veille à la même heure, selon les chiffres de l’université actualisés en continu. Cela porte le bilan américain à 25 757 morts au total. 

Le précédent record du nombre de décès sur une journée (2108) avait été enregistré vendredi aux États-Unis.

Les États-Unis sont devenus ce week-end le pays du monde le plus endeuillé, devant l’Italie (plus de 21 000 morts), l’Espagne (plus de 18 000) et la France (plus de 15.700), qui ont toutefois des populations bien moins importantes. 

L’Amérique compte également depuis fin mars le plus grand nombre de cas officiellement déclarés, et a franchi lundi la barre des 600 000 contaminations diagnostiquées. Environ 3 millions de tests ont été effectués dans le pays.

L’épicentre de l’épidémie américaine se situe toujours à New York, où un ralentissement se confirme toutefois, avec des admissions hospitalières en baisse.

«À travers les ténèbres, nous pouvons apercevoir des rayons de lumière», a déclaré mardi le président Donald Trump lors de sa conférence de presse quotidienne sur la pandémie.

Les prévisions du nombre de morts aux États-Unis, selon le modèle le plus cité (IHME), qui prend en compte la façon dont l’épidémie a évolué en Chine et en Europe, se situent pour la première vague autour de 70 000 décès.

[Covid19] Trump suspend la contribution américaine à l’OMS

Agence France Presse

(Washington) Le président américain Donald Trump a annoncé mardi qu’il suspendait la contribution des États-Unis à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en raison de sa « mauvaise gestion » de l’épidémie du coronavirus.


« Aujourd’hui, j’ordonne la suspension du financement de l’Organisation mondiale de la santé pendant qu’une étude est menée pour examiner le rôle de l’OMS dans la mauvaise gestion et la dissimulation de la propagation du coronavirus », a-t-il déclaré.

La distanciation sociale sans doute nécessaire jusqu’en 2022

Plusieurs périodes de distanciation sociale seront sans doute nécessaires jusqu’en 2022 pour empêcher que le nouveau coronavirus n’engorge les hôpitaux de malades aux États-Unis, estiment des chercheurs d’Harvard dans une étude publiée mardi par la revue Science.

L’équipe d’Harvard a modélisé la pandémie de COVID-19, la maladie causée par le virus, en partant de l’hypothèse qu’elle serait saisonnière comme d’autres virus de la même famille, dont des coronavirus responsables du rhume, qui aiment l’hiver.

Leur simulation a dû s’accommoder de nombreuses inconnues sur le nouveau venu, baptisé SARS-CoV-2, notamment sur le niveau et la durée de l’immunité acquise par une personne contaminée.

«Une mesure ponctuelle de distanciation sociale sera probablement insuffisante pour que l’incidence de SARS-CoV-2 reste dans les limites de la capacité des services de réanimation aux États-Unis», a résumé l’un des auteurs, Stephen Kissler, dans une conférence téléphonique mardi avec des journalistes.

«En l’absence de traitements, des périodes intermittentes de distanciation sociale seront sans doute nécessaires», a-t-il dit.

La durée et le degré de confinement pourront être réduits quand des traitements efficaces ou un vaccin auront été découverts. D’ici là, il faudra osciller entre confinement et ouverture afin de prévenir une nouvelle vague et permettre aux systèmes de santé de gonfler leurs services de réanimation.

Marc Lipsitch, professeur d’épidémiologie, explique qu’en acceptant des périodes de contaminations plus élevées, pendant les déconfinements épisodiques, le virus va inévitablement contaminer une proportion croissante de la population (idéalement, les plus jeunes et moins vulnérables, qui risquent moins d’en mourir).

Cela rendra plus de gens malades, mais présentera l’avantage de construire progressivement l’immunité collective de la population, c’est-à-dire le niveau à partir duquel il n’y aura plus assez de gens susceptibles d’être contaminés pour que le virus continue à circuler.

Trop de confinement, à l’inverse, empêcherait de bâtir cette immunité collective, ont simulé les chercheurs, qui en concluent que l’approche la plus efficace est le maintien intermittent de mesures de distanciation sociale (confinement, fermeture des écoles et entreprises…)

On ignore encore si les gens contaminés développeront une immunité courte ou longue. Pour des virus cousins, comme ceux du rhume, l’immunité s’érode au bout d’un an. Pour le SRAS, elle est longue.

Une chose est quasi-sûre, selon les auteurs de l’étude: le nouveau coronavirus ne va pas disparaître du jour au lendemain. Il est improbable, selon eux, que l’immunité soit assez forte et assez durable pour que le coronavirus disparaisse à la fin de la première vague que nous traversons en ce moment (contrairement au SRAS de 2002-2003).

[Covid19] 1509 morts en 24 heures aux États-Unis

(Washington) Les États-Unis ont recensé lundi 1509 décès dus au coronavirus en 24 heures, soit quasiment le même chiffre que la veille, selon le comptage de l’Université Johns Hopkins qui fait référence.

VIA Agence France Presse

Ce bilan journalier porte à 23 529 le nombre total de décès recensés depuis le début de la pandémie aux États-Unis, pays le plus endeuillé au monde par la COVID-19

Le pays compte désormais plus de 550 000 personnes infectées par le virus, selon les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). 

Lundi, l’État de New York, épicentre de l’épidémie aux États-Unis, a franchi le cap des 10 000 morts de la COVID-19. Son gouverneur Andrew Cuomo a néanmoins estimé que « le pire » de la crise était « passé », car le nombre d’hospitalisations net (différence entre admissions et sorties) est en clair ralentissement.  

Et d’après le directeur des CDC, Robert Redfield, les États-Unis « s’approchent du pic ». 

« Nous sommes prêts à monter des milliers (de lits) en plus si nous en avons besoin. Je ne pense pas que nous en ayons besoin, parce qu’il semble que nous ayons atteint un plateau, et même dans plusieurs cas que (les chiffres) baissent », a dit lundi le président Donald Trump lors de son point-presse quotidien sur le coronavirus. 

M. Trump a également indiqué que les États-Unis avaient procédé à près de trois millions de tests de dépistage. « Trois millions, plus que toute autre nation », a-t-il lancé.

États-Unis: perspective d’une réouverture graduelle et en ordre dispersé

(Washington) En l’absence de directives du président Donald Trump, le déconfinement des États-Unis pourrait se faire région par région, peut-être dès le mois de mai. Dans tous les cas, plusieurs États avertissent que la réouverture se fera lentement afin d’éviter une deuxième vague du nouveau coronavirus.


Le système fédéral américain donne le pouvoir ultime de déconfiner aux gouverneurs des 50 États, même si le président américain pourrait en théorie user de son poids pour coordonner une stratégie nationale. Jusqu’à présent, Donald Trump n’a émis que des recommandations de distanciation sociale et de télétravail jusqu’à fin avril. 

Lundi, Donald Trump a tweeté que la décision lui revenait… mais annoncé qu’une « décision par moi-même, en conjonction avec les gouverneurs et les avis d’autres, serait prise bientôt ! » 

Deux groupes de gouverneurs d’États des côtes Est (dont New York) et Ouest (dont la Californie) n’ont pas attendu : ils ont annoncé lundi qu’ils se coordonneraient pour la levée des restrictions. Mais rien n’indique que les dizaines d’autres gouverneurs feront de même. 

Après un demi-million de cas recensés, le rythme des contaminations semble se stabiliser dans le pays. Les États-Unis « s’approchent du pic », a dit lundi le directeur des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), Robert Redfield, sur NBC. Avant de s’empresser d’ajouter que cela ne devait pas conduire à annuler les consignes de distanciation sociale et de télétravail du jour au lendemain. 


La réouverture sera « un processus graduel, étape par étape, guidé par les données », a-t-il dit. C’est ce qu’ont promis les gouverneurs de la côte Est, dont Andrew Cuomo. New York a subi plus de la moitié des morts américains, plus de 10 000.

Le nouveau coronavirus, qui cause la maladie de la COVID-19, n’aura pas disparu à la fin du confinement. Une grande majorité de la population l’aura évité et restera donc susceptible d’être contaminée, tant qu’il n’y aura pas de vaccin. L’objectif de la première phase était d’éviter que trop de monde tombe malade en même temps et que cela n’engorge les hôpitaux. Mais le virus continuera de circuler. 

D’ici l’été, la proportion d’Américains infectés pourrait n’être que de 2 à 5 %, a dit dimanche sur CBS Scott Gottlieb, ancien patron de l’agence du médicament. 

Pas de victoire sans vaccin

Les autorités envisagent donc de rouvrir lentement le robinet (l’image la plus souvent employée), en surveillant un éventuel redémarrage de l’épidémie. Les plans d’experts et universitaires abondent sur la façon d’y parvenir, mais la Maison-Blanche n’a encore rien proposé. 

Donald Trump semblait même agacé par un scientifique devenu véritable célébrité durant la pandémie, Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses et membre de la cellule de crise présidentielle sur le coronavirus, après que le chercheur a dit à la télévision une évidence : que le nombre de morts (22 000 à ce jour) aurait pu être plus bas si le pays avait réagi plus vite.  

Mais la Maison-Blanche a indiqué à l’AFP que M. Fauci ne serait pas limogé. 

Toutes les feuilles de route des experts disent qu’il faut plus de tests, plus de lits d’hôpitaux, et des moyens de pister les cas positifs et leurs contacts. Des chercheurs de l’Université Johns Hopkins estiment que le pays aura besoin de 100 000 « pisteurs de cas », payés ou bénévoles. 

Mais rien n’est en place. 

« Si on ouvre tout le pays le 1er mai, il ne fait pas de doute qu’il y aura un rebond », a averti sur CBS Christopher Murray, directeur de l’Institute for Health Metrics and Evaluation à l’Université de l’État de Washington, qui gère un modèle de référence sur la courbe de l’épidémie. Peut-être certains États pourront commencer mi-mai, selon lui. 

Scott Gottlieb imagine des gouverneurs et des maires autorisant les entreprises à rappeler la moitié de leurs salariés, ou continuant à confiner les plus de 65 ans seulement. 

Andrew Cuomo a dit que New York élargirait graduellement, le moment venu, la liste des emplois essentiels. 

Quoi qu’il arrive, « il n’y aura pas de matin où les journaux annonceront : “Alléluia, c’est fini !” ». Il a appelé ses administrés à accepter l’idée que le virus vivrait parmi nous longtemps, certes mieux contrôlé, jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible. 

Quant aux tests, l’ancien directeur des CDC Tom Frieden dit que beaucoup sont « de la camelote » et qu’il faudra du temps pour savoir lesquels sont bons. 

Une chose est sûre, a dit M. Frieden dans une visioconférence organisée par le site Stat : le virus ne sera pas « éradiquable » (sic) et changera nos modes de vie : lui voudrait dire adieu aux poignées de main et aux sorties quand on tousse. 

Pénurie d’essence en pleine pandémie: le Venezuela en panne sèche

AGENCE FRANCE PRESSE

CARACAS | Files d’attente kilométriques devant les stations-service, manque de liquidités pour acheter des combustibles à l’étranger : en pleine pandémie, le Venezuela est touché par une pénurie d’essence qui met en péril son système sanitaire et fragilise son économie dévastée par la crise. 

Depuis près d’un mois, trouver une station ouverte à Caracas tient du parcours du combattant. Lorsqu’une pompe a pu remplir ses cuves, il faut attendre cinq, six, voire dix heures avant de pouvoir faire le plein. 

Neila Lopez est médecin. Elle a passé la nuit dans sa voiture, pour s’assurer sa place dans la file d’attente constituée par une centaine de compagnons de galère. «Si ça empire, on tombe dans le chaos», souffle-t-elle. 

Au petit matin, les 38 000 litres dont dispose la station-service partent en trois heures. Les seuls à y avoir droit sont les policiers, les militaires, les médecins ou ceux qui remplissent une «fonction essentielle» dans le dispositif de confinement quasi-total décrété par le président Nicolas Maduro le 17 mars. 

D’ordinaire quasiment gratuite à la pompe, l’essence se vend aujourd’hui 1 dollar le litre sur le marché noir. 

Les pénuries de carburant ne sont pas nouvelles au Venezuela. Ce qui l’est plus, c’est l’ampleur de la pénurie actuelle : d’ordinaire épargnée, car choyée par le pouvoir chaviste, Caracas est à sec elle aussi, en pleine pandémie de COVID-19. 

La production d’or noir du Venezuela a dégringolé ces dernières années, pour passer de trois millions de barils par jour il y a sept ans à 865 000 en février, selon les chiffres communiqués par Caracas à l’OPEP. Pis : seules deux des six raffineries du pays fonctionnent. 

L’opposition autour de son chef de file Juan Guaido met cet effondrement sur le compte de la corruption et du manque d’investissements. Le pouvoir, lui, fustige les sanctions américaines contre le Venezuela. 

«Nous travaillons à résoudre» la pénurie, a assuré M. Maduro samedi à la télévision d’État. 

Le Venezuela, qui dispose des plus grandes réserves de pétrole au monde, est donc contraint d’importer de l’essence. 

Mais pour importer, il faut payer. Or le pays affronte la pire crise économique de son histoire récente. Son PIB s’est contracté de moitié en six ans et l’hyperinflation atteint des sommets, +9.585 % en 2019, selon la Banque centrale. 

En outre, les États-Unis, qui tentent de pousser Nicolas Maduro vers la sortie, ont mis en place un embargo sur le pétrole vénézuélien. Et le spectre de sanctions américaines plane sur les partenaires étrangers du secteur pétrolier vénézuélien. 

AFP

«Sans essence, pas de nourriture»

La pénurie d’essence a d’ailleurs commencé à se faire sentir à Caracas quelques semaines après que Washington a sanctionné Rosneft Trading, une filiale du géant pétrolier russe Rosneft, mi-février. Un mois et demi plus tard, Rosneft a annoncé l’arrêt de ses activités au Venezuela. 

À cela est venue s’ajouter la chute des cours mondiaux, un «coup violent», comme l’a reconnu Nicolas Maduro. 

Ces facteurs se sont conjugués au moment où le Venezuela recensait son premier cas de coronavirus et mettait en place un confinement quasi-total de ses 30 millions d’habitants pour tenter d’enrayer la progression de la maladie, dont 175 cas ont été confirmés, avec neuf décès. 

«C’est la tempête parfaite», explique à l’AFP Francisco Morandi, économiste à l’université Rice de Houston, aux États-Unis. Les sanctions américaines à l’encontre de la filiale de Rosneft ont terrifié les éventuels partenaires étrangers de Caracas. 

Résultat : «au cours des cinq dernières semaines, un seul pétrolier italien est venu livrer» du combustible, relève Francisco Morandi. 

Et le Venezuela s’est retrouvé à sec en pleine pandémie, compliquant d’autant le transport du personnel soignant et des denrées alimentaires. 

Sur Twitter, le mot-clef «#SinGasolinaNoHayComida» (Sans essence, pas de nourriture) fait florès, les Vénézuéliens se faisant l’écho des pénuries d’aliments qui commencent à les toucher. 

Mais Henkel Garcia du cabinet Econometrica se veut légèrement optimiste pour la simple raison que le diesel, qui fait tourner les camions de livraison, est toujours à peu près «disponible». 

Certes, rétorque Aquiles Hopkins, président de l’association d’agriculteurs Fedeagro, les pénuries d’essence vont sans doute générer des problèmes d’approvisionnement. 

Mais, souligne-t-il, «si l’offre chute, on ne verra pas une grande différence, car la demande est déjà basse en raison du faible pouvoir d’achat des Vénézuéliens», dont le salaire minimum n’atteint pas les 5 dollars par mois.





[COVID-19]: vers une réouverture graduelle en mai aux États-Unis?

Agence France Presse

WASHINGTON | L’économie américaine pourrait redémarrer graduellement en mai, a estimé dimanche l’expert en chef de la Maison-Blanche Anthony Fauci, tout en restant très prudente alors que la pandémie de coronavirus semble approcher de son pic aux États-Unis.

Fin mars, le président Donald Trump avait assuré qu’il « adorerait » voir une partie des États-Unis sortir du confinement pour les célébrations de Pâques. 

Mais, dimanche, le pays restait à l’arrêt et de nombreuses églises étaient désertes en raison des restrictions mises en place pour endiguer l’épidémie qui a fait plus de 21 000 morts, le pire bilan mondial, et contaminé près de 550 000 personnes. 

« C’est une peste comme notre pays n’en a jamais vu, mais nous gagnons la bataille, nous gagnons la guerre », a affirmé M. Trump dans un message vidéo de Pâques sur Twitter. 

Sur CNN, le docteur Anthony Fauci a dit espérer voir « d’ici la fin du mois » des signes permettant de « redémarrer prudemment et en sécurité » dans certaines régions du pays. 

« S’il y en a, on y va. Sinon, on continue à se calfeutrer », a ajouté le directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses, qui représente la communauté scientifique dans le groupe de travail mis en place par Donald Trump pour lutter contre la Covid-19. 

Mais, a-t-il prévenu, relancer la machine après la fermeture brutale d’une partie de l’économie « n’est pas comme rallumer une lampe ». 

Donald Trump prône un redémarrage de l’activité le plus vite possible, alors que les licenciements ont explosé avec 17 millions de salariés inscrits aux allocations chômage. 

Il doit lancer dans les jours à venir un groupe de travail sur les modalités d’une reprise de la première économie mondiale, même si la décision de mettre fin au confinement revient finalement aux gouverneurs des différents États et aux collectivités locales. 

La situation est particulièrement grave dans l’État de New York, épicentre de la maladie avec plus de 9 000 morts. 

« Échéance artificielle » 

Mais Anthony Fauci a dit son « optimisme prudent » alors que les principaux indicateurs de la propagation (admissions, hospitalisations, soins intensifs, intubations) « ne sont pas seulement stabilisés, mais commencent à redescendre ». 

Donald Trump s’est aussi félicité sur Twitter du nombre de « lits d’hôpitaux libres qui deviennent de plus en plus fréquents » dans la ville de New York. 

Le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, a toutefois nuancé l’optimisme ambiant. « On ne voit pas de baisse importante, c’est juste une stabilisation », a-t-il dit dimanche à la presse, alors que le nombre de décès journaliers dépasse encore les 700. 

Il y a des signes encourageants, a malgré tout estimé sur ABC le patron de la Food and Drug Administration (FDA), l’Agence américaine du médicament. 

« Les modèles montrent que nous sommes très proches du pic » de l’épidémie, a dit Stephen Hahn, soulignant que la date du 1er mai n’était qu’un « objectif ». 

Andrew Cuomo a assuré qu’il ne précipiterait pas la relance, au risque d’une nouvelle vague d’infection. « Personne ne veut choisir entre une stratégie de santé publique et une stratégie économique », a-t-il dit. 


Son homologue du Maryland, Larry Hogan, a mis en garde sur ABC contre une « échéance artificielle » alors que la maladie fait encore des ravages. 

Et la maire de Washington, la capitale fédérale, s’est dite encore moins convaincue d’une reprise rapide. « Nous n’attendons pas le pic des hospitalisations avant juin », a expliqué Muriel Bowser sur CNN. 

(FILES) In this file photo taken on March 27, 2020, National Guard troops listen as New York Governor Andrew Cuomo speaks to the press at the Jacob K. Javits Convention Center in New York. – Millions of New Yorkers must be tested for the new coronavirus before the state can reopen, Governor Andrew Cuomo said on April 10, 2020, as he reported a continued slowing of COVID-19. Cuomo said intensive care admissions were at their lowest since the crisis began last month but called for an « unprecedented mobilization » of testing before residents are able to return to work. (Photo by Bryan R. Smith / AFP)

Selon le Dr Fauci, la reprise sera aussi différente selon les grandes métropoles ou les États ruraux comme l’Arkansas (sud) où la population n’est pas confinée et qui ne compte que 27 décès. 

L’action de l’administration pour freiner l’épidémie reste un sujet de controverse. Le New York Times affirme dimanche que le président Trump a été très lent à réagir en n’écoutant pas ses experts qui l’avaient mis en garde dès le début de l’année. 

M. Fauci, qui a conseillé six présidents américains, a admis que le bilan aurait peut-être pu être moins lourd si les restrictions avaient été mises en place plus rapidement. 

« Mais à l’époque, il y avait beaucoup de réticences à tout fermer », a-t-il dit, évoquant une « décision compliquée ».

Boris Johnson de retour à la maison

VIA l’Agence France Presse


Le premier ministre britannique Boris Johnson est sorti dimanche de l’hôpital londonien où il était traité depuis une semaine après avoir été contaminé par le nouveau coronavirus, a annoncé Downing Street.

«Le premier ministre est sorti de l’hôpital pour poursuivre sa convalescence à Chequers», sa résidence au nord-ouest de Londres, a annoncé un porte-parole dans un communiqué. «Sur les conseils de son équipe médicale, (il) ne reprendra pas immédiatement le travail».

Le dirigeant conservateur de 55 ans avait été admis à l’hôpital dimanche dernier. Il avait été transféré le lendemain en soins intensifs lundi, d’où il était sorti jeudi.

Depuis, il se remettait à l’hôpital, en faisant des sudokus et en regardant des films, comme la comédie romantique Love Actually, ou en lisant Tintin, selon la presse britannique. Sa fiancée de 32 ans, Carrie Symonds, enceinte, lui a envoyé des copies de ses échographies pour lui remonter le moral.

Boris Johnson avait fait dimanche matin sa première déclaration officielle depuis son hospitalisation. «Je ne remercierai jamais assez» le personnel du NHS, a-t-il alors déclaré, ajoutant «Je leur dois la vie».

Le premier ministre «aimerait remercier tout le monde à l’hôpital de Saint Thomas (où il était traité) pour les soins exceptionnels qu’il a reçu», a ajouté Downing Street dans son communiqué, précisant que «toutes ses pensées allaient à ceux qui sont touchés par la maladie».

Diagnostiqué positif à la COVID-19 le 27 mars, Boris Johnson était à ce jour le seul chef de gouvernement d’une grande puissance à avoir été contaminé par la virus, qui a fait presque 10 000 morts au Royaume-Uni, un des pays européens les plus durement touchés.