Feux et chaleur consument toujours l’Ouest canadien

Agence France Presse 

Des militaires canadiens se tenaient prêts samedi à participer à la lutte contre les incendies qui menacent d’alourdir le bilan d’une vague de chaleur inédite et meurtrière dans l’ouest du pays et des États-Unis.

Quelque 177 feux étaient actifs samedi matin en Colombie-Britannique, dont 70% ont probablement été déclenchés par la foudre, selon le dernier bilan des autorités locales.

Cette province occidentale, au climat habituellement humide et tempéré, a vu le thermomètre s’emballer il y a une semaine et atteindre des températures insoutenables.

Au moins 719 personnes y sont mortes depuis le début de cette vague de chaleur, soit trois fois plus qu’en temps normal, selon les autorités sanitaires locales.

De l’autre côté de la frontière, le nord-ouest des États-Unis s’est également retrouvé sous ce «dôme de chaleur», un phénomène climatique rare aggravé, selon les experts, par le réchauffement climatique.

Au moins 94 personnes sont mortes dans l’État américain de l’Oregon et une vingtaine dans l’État de Washington, d’après les derniers bilans officiels.

Sous l’effet combiné du climat électrique et de la sécheresse, les départs de feu se multiplient de part et d’autre de la frontière et progressent rapidement.

Le petit village de Lytton, à 250 km au nord-est de Vancouver, est devenu le symbole de cette crise: après avoir battu le record historique de chaleur au Canada, avec 49,6 degrés Celsius, il s’est retrouvé sous la menace des flammes.

Ses 250 habitants ont été évacués en urgence, et le sinistre a finalement ravagé 90% de son territoire.

Même si le mercure a commencé à redescendre sur la côte, la vague de chaleur s’est étendue vers l’intérieur du Canada jusqu’en Ontario, et des millions de personnes restaient samedi sous alerte canicule.

Le premier ministre Justin Trudeau a réuni vendredi plusieurs ministres pour apporter l’aide du gouvernement central aux provinces sinistrées.

Ottawa a notamment annoncé l’ouverture d’un centre d’opération à Edmonton, dans l’ouest du Canada, où 350 soldats se tiendront prêts à apporter une aide logistique «à travers la région au besoin».

Prenant acte de la sécheresse, le ministre de la Sécurité publique Bill Blair a anticipé un «été long et difficile» sur le font des incendies.

Depuis quelques jours, la situation est empirée par l’apparition d’un phénomène rare: les pyrocumulus, des nuages orageux qui se forment au-dessus de source de chaleur intense. Comme ces derniers génèrent à leur tour de la foudre, ils facilitent la création d’autres brasiers.

Les orages qui se sont formés au-dessus de la Colombie-Britannique et de l’Alberta ont ainsi généré plus de 700 000 éclairs entre mercredi et jeudi, a calculé l’entreprise finlandaise Vaisala, spécialiste de mesures environnementales.

«Je ne peux qu’insister sur le fait que le risque d’incendie est actuellement extrême dans presque toutes les régions de la Colombie-Britannique et j’exhorte les Britanno-Colombiens à écouter attentivement les autorités et à suivre les directives», a prié le premier ministre de la province John Horgan.

Plus de 500 éclairs ont également été enregistrés vendredi en Californie, où des feux de forêt ont dévoré plus de 15 000 hectares, y compris dans une zone touristique qui s’apprêtait à accueillir de nombreux visiteurs pour le long week-end de la fête nationale du 4 juillet.

Les autorités californiennes ont ordonné des évacuations le long du lac Shasta, région appréciée des campeurs se trouvant au sud de la frontière avec l’Oregon et une quarantaine de structures ont été détruites, dont au moins une demi-douzaine de maisons près de Lakehead.

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