Christian Dubé: lettre ouverte aux québécois et québécoises

Vivre avec le virus 

Hier matin, je me suis levé avant l’aube, préoccupé. J’ai pensé à vous, les Québécois et les Québécoises et comment j’avais le devoir de vous expliquer la situation dans laquelle on se trouve.

D’abord, je dois souligner que dans le contexte de cette pandémie, notre situation peut être vue de façon positive. Notre taux de vaccination nous place parmi les leaders mondiaux avec 87 % de notre population de 12 ans et plus qui a reçu une première dose et déjà 79 % qui a reçu une 2e dose. On a donc largement dépassé l’objectif qu’on s’était fixé en mars dernier. Ce résultat impressionnant, on le doit aux Québécois et à leur adhésion massive à la vaccination. Et ça continue. 

À ce rythme-là, on pourrait atteindre près de 90 % des 12 ans et plus d’ici la fin septembre, et dès que nous pourrons vacciner nos plus jeunes, notre couverture vaccinale sera d’autant plus forte. La vaccination obligatoire des travailleurs de la santé, les mesures sanitaires de base et le passeport vaccinal vont aussi nous aider à protéger la population, nos hôpitaux et notre économie. Les entreprises elles aussi participent à cet effort collectif en faisant la promotion de la vaccination dans leur milieu. Nous avons ainsi espoir de garder nos écoles, nos commerces et, de façon générale, notre économie ouverts cet automne. 

Par contre, je vous avoue que le mois de septembre m’inquiète beaucoup. C’est que le retour en classe à l’école, au cégep, à l’université, et le retour au travail vont faire en sorte d’augmenter les contacts, ce qui devrait mener à plus de cas et, donc, à plus d’hospitalisations. Mais on a besoin de vous et je vous demande d’être particulièrement prudents dans les prochains jours et semaines, même si vous êtes adéquatement vaccinés. Les plus récentes prévisions de l’INESSS montrent que les prochaines semaines seront critiques pour nos hôpitaux, particulièrement ceux du grand Montréal. Bien que les vaccins n’empêchent pas à 100 % d’attraper la COVID-19 ni d’être contagieux, ils diminuent grandement les risques d’hospitalisation, et c’est ce dont nous avons besoin collectivement. 

Qu’est-ce qui nous attend sur un horizon plus éloigné? On pensait il y a encore quelques temps que ce serait possible d’atteindre l’immunité collective avec la vaccination. Mais les mutations du virus repoussent toujours plus loin cet espoir. Avec l’incidence de la transmission sur plusieurs continents, de l’Afrique en passant par l’Asie, le sous-continent indien et les Amériques, le virus a de grandes chances de muter sous la forme de variants qui nous poseront des défis constants dans les mois et peut-être même les années à venir. Au lieu de chercher la date où tout ça va se terminer, on va devoir apprendre à vivre avec le virus. On va devoir accepter un certain nombre de cas et un certain nombre d’hospitalisations, si on veut retrouver une vie normale. 

Pendant que l’on apprend à vivre avec le virus, nous posons des gestes concrets pour améliorer notre réseau de la santé. La gestion de la pandémie, avec les vastes opérations de dépistage, la grande campagne de vaccination et maintenant avec le passeport vaccinal, a démontré toute la capacité de notre réseau de la santé à faire des changements et à s’ajuster rapidement. Ces expériences ont aussi fait valoir toute la volonté de notre personnel à offrir une expérience positive aux Québécois. Offrir une expérience-client de qualité sera à la base de nos changements pour réduire la liste d’attente en chirurgie, désengorger nos urgences, miser sur les soins à domicile et avoir des services de première ligne qui sont accessibles. Notre gouvernement est ambitieux, mais réaliste. Pour réaliser ces objectifs, nous avons besoin de plus de personnel et des équipes qui sont stables. Nous prenons l’engagement que nous allons leur donner des ressources et un environnement de qualité. 

J’en profite donc pour vous souhaiter une belle fin de semaine de la Fête du Travail, avec une pensée particulière pour les travailleurs de la santé qui se dévouent à la tâche depuis des mois pour nous soigner. Et c’est beaucoup pour eux que les personnes vaccinées doivent agir avec prudence, et que les personnes non vaccinées doivent participer à l’effort collectif. Nous pouvons encore tous convaincre une personne non vaccinée de poser ce geste.

Soyez prudents, faites attention à vous et gardez le moral. 

Christian Dubé

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