New York oblige ses policiers, pompiers et éboueurs è se faire vacciner 

(New York) Les policiers et les pompiers de New York n’auront plus d’autre choix que de se faire vacciner contre la COVID-19 pour continuer à servir, une décision qui risque de provoquer des remous, à l’image d’autres grandes villes américaines.

Agence France Presse

Après les enseignants et les soignants, tous les métiers des quelque 160 000 employés municipaux de New York seront donc concernés par une stricte obligation vaccinale, à partir du 1er novembre, des policiers aux soldats du feu en passant par les éboueurs.

Le directeur du syndicat des employés municipaux (DC37), Henry Garrido, a réagi en appelant à nouveau tous ses membres à se faire vacciner, tout en demandant à la ville de « s’asseoir avec nous » pour négocier.

Mais le patron du principal syndicat de policiers de la ville (NYCPBA), Patrick Lynch, qui avait soutenu la campagne de réélection de Donald Trump à l’été 2020, a immédiatement promis d’attaquer en justice la décision du maire démocrate Bill de Blasio, « pour protéger les libertés de nos membres », a-t-il assuré, tout en rappelant qu’il ne s’opposait pas au vaccin.

Un scénario déjà vu dans d’autres grandes villes américaines.  

À Chicago, le patron du syndicat de police a appelé ses 13 000 membres à désobéir aux ordres de la maire démocrate Lori Lightfoot, qui a imposé la vaccination ou des tests réguliers de la COVID-19 aux forces de l’ordre. Dans la troisième ville des États-Unis, le syndicat espère remporter le bras de fer en montrant que les rues ont besoin de policiers, sur fond de hausse de la criminalité.

Un discours entendu aussi à Boston. « Le manque de personnel est la plus grande menace pour la sécurité publique aujourd’hui », a assuré lundi, lors d’une conférence de presse, le président de l’association des policiers de l’État du Massachusetts, Michael Cherven, en déplorant des effectifs déjà insuffisants, même s’il a convenu que 85 % des membres de son organisation étaient vaccinés.

500 dollars

Depuis le début de la pandémie, la COVID-19 est la principale cause de décès « en service » des policiers aux États-Unis, avec 237 morts du coronavirus en 2021, contre 50 par armes à feu, sur un total de 369.

À New York, près de 71 % de tous les effectifs de police (55 000 agents, dont près de 35 000 en uniforme) ont reçu au moins une dose de vaccin, a indiqué mercredi le NYPD à l’AFP. Un chiffre bien en deçà du total de la population adulte (84 %), mais en hausse depuis septembre, quand il s’établissait à 61 % chez les policiers.

Jusqu’ici, les forces de l’ordre ou les pompiers new-yorkais avaient le choix entre le vaccin ou la présentation régulière d’un test négatif à la COVID-19. La mairie met en avant que l’obligation stricte a fait grimper le taux de vaccinés à plus de 95 % chez les enseignants et les soignants de la ville.

Mise à genoux en 2020, avec ses images d’hôpitaux débordés et de morgues improvisées, la grande capitale culturelle et économique de l’est des États-Unis (près de 9 millions d’habitants) impose déjà le vaccin pour entrer dans les restaurants, cinémas, ou salles de gym, voire même des spectacles en extérieur.

Mais « il reste beaucoup d’employés de la ville qui ne sont pas vaccinés (environ 46 000 sur 160 000). Je veux les protéger. Je veux protéger leurs familles » et « toutes les personnes avec lesquelles ils sont en contact dans la ville », a assuré Bill de Blasio, sur CNN mercredi matin.

Pour motiver les plus hésitants, la mairie promet un bonus de 500 dollars sur leur fiche de paie pour les fonctionnaires municipaux qui recevront leur première dose avant le 29 octobre. Mais passé ce délai, les récalcitrants verront leur rémunération suspendue.

Seule exception, les surveillants pénitentiaires, pour qui l’obligation est repoussée au 1er décembre, à cause des problèmes d’effectifs à la prison de Rikers Island, où la dégradation des conditions de détention est constamment pointée du doigt.

La vaccination obligatoire reste un sujet sensible aux États-Unis, entre démocrates et républicains. Au Texas, deuxième état le plus peuplé du pays avec ses 29 millions d’habitants, loin de l’imposer, le gouverneur républicain Greg Abbott a interdit à toutes les entités, y compris aux entreprises privées, de rendre la vaccination obligatoire.

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